La Compagnie des Boissons Vivantes
Représentation de brasseurs en Egypte ancienne
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Quand a été inventé la bière?

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La Compagnie des Boissons Vivantes
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La bière a plus de 8000 ans d'histoires: des premières cruches de pain liquide de la préhistoire aux marques artisanales dédiées aux beer geeks du XXIème siècle

Les premières traces de production de bière remontant à environ 8000 ans en Mésopotamie, ce qui en fait la plus vieille boisson de l'humanité. Certains même pensent que ce breuvage pourrait avoir près de 25 000 ans, sans pour autant pouvoir le démontrer faute de traces archéologiques.On peut bien entendu imaginer que les premiers humains ont laissé des céréales dans l'eau trop longtemps et ont ainsi découvert la première soirée entre copains. Mais il semble plus probable que les premières vertus accordées à la bière aient été sanitaires.

Personne n'a alors déposé la marque "bière" ! Néanmoins, les premières communautés sédentarisées de l'humanité se sont très tôt intéressées aux boissons à base de céréales. Des recettes consignées sur des tablettes en argile de la province de Sumer (actuel Irak) nous sont parvenues, tandis que des fresques montrant l'art du brassage ornent des tombeaux égyptiens.

De la soupe aux céréales

Les premières bières tiennent du pain liquide. Littéralement. Pour les fabriquer, on émiettait dans l'eau des pains de céréales cuits avant de fermenter l'ensemble. L'ajout de dattes, de miel ou d'autres arômes comme des épices était monnaie courante. Ces bières ancestrales étaient vraisemblablement des production proches du gruau, une soupe non pétillante, avec des morceaux de céréales, servies à température ambiante. La couleur était probablement foncée, la notion de blonde n'existait pas. Quant au goût, la bière étant conservée dans des jarres, des amphores, des cruches, des calebasses, puis des tonneaux après que les Gaulois les eurent inventés, bref des contenants non étanches, l'aigreur issue de l'oxydation devait en être une caractéristiques incontournable. Il est aussi probable que les taux d'alcool étaient réduits. Bref, rien de bien appétissant pour nous humaines modernes. Parallèlement, il semble que de nombreuses cultures aient associé la bière à des valeur féminines, liées au monde de la fertilité. Des divinités féminines comme Ninkasi, "la dame qui remplit la bouche" l'attestent. Plus proche de nous, on retrouve Cérès. Cette déesse romaine de l'Agriculture, des Moissons et de la Fécondité a donné son nom tant aux céréales qu'à la cervoise.

Les techniques s'affinent

Au cours de l'Antiquité puis du Moyen Âge, les techniques s'affinent sans pour autant changer fondamentalement. Seule découverte de taille, on ajoute du houblon dans les recettes à partir du XIe siècle, le houblonnage de la bière se généralise. Les propriétés antioxydantes ainsi que l'amertume prononcée de cet aromate de la famille du cannabis ont certainement scellé son succès : grâce à lui, les saveurs aigres de l'oxydation se développent plus lentement. Cependant, les bières de la préhistoire jusqu'à la révolution industrielle étaient avant tout des aliments.

Au cours du XIXe siècle, on met au point successivement des procédés de maltage permettant d'obtenir des bières blondes, des machine à vapeur à même d'alimenter la production et de transporter la bière sur de longues distances. Les bouteilles en verre produites en série permettant de conserver le gaz de la bière font leur apparition. Et, surtout, les découvertes de Louis Pasteur ouvrent la voie à de nombreuses avancées sur le contrôle des fermentations, qui étaient jusqu'alors souvent perçues comme relevant de la magie pure et simple.

L'artisanat retrouve sa place

L'industrialisation du brassage a fortement concentré les brasseries. Tout au long du XXe siècel, les industriels n'ont eu de cesse de diminuer le nombre de marques et surtout de sites de production afin d'optimiser la rentabilité. A l'aube du XXIe siècle, cette situation connaît un net revirement : l'essor sans précédent des brasseries artisanales. Aux Etats-Unis d'abord. Une nouvelle génération de brasseurs fait le pari d'une production locale en faibles volumes, où le goût et l'identité de la bière l'emporte sur les considérations financières. Ce mouvement, né dans le années 1980, s'étend et gagne progressivement de nombreux pays développés comme le Canada (en particulier le Québec), la Scandinavie, la France, l'Italie, ou plus récemment, des pays comme le Mexique ou le Brésil. Cet engouement pour la "craft beer" donne aussi un nouveau souffle à des traditions brassicoles parfois sur le déclin, comme en Belgique ou en Allemagne.